Les 10 meilleurs jeux vidéo de 2019

Certes, nous sommes en avril 2020, et l’année 2019 commence à s’éloigner… mais à l’heure où nous écrivons ces lignes, toujours confinés jusqu’à nouvel ordre, il n’y a sans doute pas meilleur moment pour vous proposer de revisiter les meilleurs jeux vidéos de l’année passée, à l’aune d’un premier top 10 forcément (et heureusement) subjectif. N’y figurent, bien sûr, que les jeux dont nous avons parlé sur notre site, l’exercice impliquant forcément des oublis, par manque de temps principalement (Noita, Hypnospace Outlaw, je ne vous oublie pas).

Rétrospectivement, 2019 a été une année de jeux passionnants, absolument pas écrasée par la suprématie du triple-A mais au contraire, pleine d’espace pour des jeux étranges aux idées folles, qui nous ont fait réfléchir à ce qui fait l’immersion dans les jeux, et plus précisément dans l’action : des mondes mettant l’accent sur l’exploration, des mondes qui nous résistent et qui consistent, entretenant l’illusion de leur existence par un travail sur leur matière et par la prééminence de leurs systèmes physiques.

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10ème : Untitled Goose Game

Untitled Goose Game n’est ni bien long, ni bien ample dans sa proposition ludique, mais c’est une expérience qui se tient parfaitement de bout en bout. Non content de proposer un gameplay réellement animal, donnant lieu à des objectifs aussi inhabituels qu’amusants (souvent des vols d’objets insignifiants à des villageois passablement agacés par notre présence), le titre de House House soigne tous les détails de sa forme, du style visuel en aplats clairs aux animations quasi-naturaliste de l’animal, et laisse le souvenir d’un objet ludique parfaitement abouti, en forme de machine à produire des gags burlesques.

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9ème : Resident Evil 2 Remake

L’idée du « remake », telle que soutenue par ce Resident Evil 2, c’est un jeu à égale distance du vieux et du neuf, du souvenir et de la découverte : les moments-phares de l’original y sont, pour la plupart, magnifiés par la technique moderne et un considérable travail artistique sur les niveaux. Et entre eux, le gameplay refaçonné en TPS produit une nouveauté bien oppressante, en nous confrontant à des zombies si tenaces qu’ils continuent de nous agresser même coupés en deux, rampant au sol. Quant au croquemitaine Mr X. lancé à nos trousses tel un intuable Terminator, il a été notre grande flippe de l’année.

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8ème : Blasphemous

Pas toujours bien assuré sur son gameplay d’action-plateforme en 2D, Blasphemous est en revanche un coup de maître en matière d’atmosphères et de pixel-art animé. On est bien conscient que certains joueurs décrocheront face à ce qu’ils percevront comme une difficulté mal calibrée, notamment lors de certains passages des débuts mêlant parcours d’adresse, ennemis lourdingues et morts instantanées. Une fois ces caps passés, ne reste qu’une aventure fascinante, dans un monde de jeu emprunt de religiosité sinistre, de violence médievale et de morbidité, avec en points d’orgue une poignée de boss qui se vivent comme des hallucinations éveillées.

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7ème : Metro Exodus

En cette année qui nous a fait nous a fait plonger dans la question de l’immersion vidéo-ludique (qu’est-ce qui la conditionne ?), Metro Exodus est tombé à point nommé : c’est en effet son axe de travail principal, son studio 4A Games ayant fait de la restitution de la matière et des lumières, plus qu’un simple défi technique, un parti pris artistique à part entière. C’est peut-être, à ce jour, le jeu où l’emploi d’un moteur graphique surpuissant est le plus mis à profit dans le champs du gameplay et de l’impression faite au joueur, par le biais, notamment de lumières extrêmement nuancées. Son monde de jeu, plus ouvert que jamais pour la série, n’en est que plus passionnant à explorer.

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6ème : Control

Le dernier jeu en date de Remedy avait beau n’être qu’un shooter au gameplay nerveux mais conventionnel, son monde reste l’un des meilleurs décors de jeux-vidéo jamais conçus : on y explore l’immeuble d’une agence gouvernementale occulte, où des enfilades de bureaux, de couloirs et de salles de réunions sont rendus étrangement inquiétants, pour ne pas dire délirants, par les matières qui s’y invitent (des langues de sables, des plantes marines, des blocs de pierre brute) ou leur disproportions. En point d’orgue, on retient ces moments où le décor semble mangé par des aplats géométriques mouvants, comme animés d’une vie propre, et qui donnent l’impression d’avoir basculé dans un « Matrix » de béton.

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5ème : Oxygen Not Included

On ne pensait pas accrocher à ce point à un jeu de gestion si difficile, mais c’est qu’Oxygen Not Included sait y faire : il nous charme d’abord avec sa présentation mignonne et sa courbe d’apprentissage plutôt douce, avant de nous submerger sans sommation dans des systèmes physiques et des défis techniques de plus en plus complexes. Mais c’est aussi un jeu dont la rigueur et l’interface globalement bien pensée permettent de progresser à rythme constant, offrant souvent l’immense satisfaction de trouver par soi-même une solution permettant d’éviter des erreurs passées, et de regagner le contrôle sur sa partie. Attention : ce jeu peut devenir une drogue.

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4ème : A Short Hike

Comme Untitled Goose Game, A Short Hike fait partie de ces pépites indés dont l’idée de départ est parfaitement accomplie. En l’occurrence, il s’agit d’un croisement entre Animal Crossing (pour son petit monde animalier et son parfum de vacances estivales), et un jeu d’exploration en mini-open world, tendance Zelda Breath of the Wild, où le plaisir simple des déplacements sur plusieurs modes (la nage, la marche, l’escalade, le vol plané) se marient à merveille à un décor de nature idyllique, dont l’ouverture n’est pas une vaine promesse.

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3ème : Death Stranding

Pour son retour après la clôture du chapitre « Metal Gear Solid », Hideo Kojima plonge à corps perdu dans l’action la plus élémentaire du jeu-vidéo, la marche, pour en faire un gameplay à la précision maniaque où chaque détail de la topographie se met à compter, où chaque nouveau pas est susceptible de devenir le moment d’un choix ludique. Le rythme de la marche et le caractère laborieux de ses missions (des livraisons de colis après l’apocalypse) suscitent deux réactions opposées : soit le désintérêt immédiat (ce qu’on ne vous souhaite pas), soit une ouverture totale à la beauté de son monde et à son expressivité, porté par un level-design qui atteint des sommets – c’est le cas de le dire -. Et si son scénario, finalement un peu trop bavard et démystificateur, n’est pas à la hauteur de son monde, son imagerie morbide, tiraillée par des intentions contradictoires (exprimer une peur-panique de la mort, éviter à tout prix l’image du cadavre) n’a pas fini de nous hanter.

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2ème : Sekiro

Le dernier chef d’oeuvre de From Software nous a fortement marqué par son gameplay, au service d’une intuition : l’immersion dans l’action d’un jeu-vidéo dépend de sa matérialité. Pour amener le joueur à éprouver la matière, le studio dévalorise ici l’esquive (rendue peu efficace) et incite à rester au contact de l’ennemi par un système de bris de défense et de parade, qui ne fonctionne qu’au corps à corps. En conséquence, on se retrouve constamment aimanté par l’ennemi, enivré par cette sensation de résistance de la matière et par l’intensité des combats sur le rythme de lames qui s’entrechoquent, renforçant chaque fois un peu plus l’illusion d’un monde consistant – monde qui est en outre excellemment composé.

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1er : Outer Wilds

Outer Wilds peut être vécu comme un jeu narratif « libre », dont l’objet serait de comprendre l’Histoire cosmique d’un système solaire, en y suivant un jeu de piste semés d’indices visuels, sonores et textuels ; c’est aussi l’accomplissement d’un rêve de joueur, celui de pouvoir voyager d’une planète à une autre sans chargement, au cœur d’un système régi par des lois physiques simulées et où chaque lieu est, aussi, un gigantesque objet gravitant réellement autour d’un soleil. Mais rien de tout cela ne suffit à expliquer l’intense émotion que procure son monde à la mystique insondable, sous la pression constante d’un cataclysme imminent (une supernova qui le pulvérise toutes les 20 minutes) et où chaque planète est le lieu de phénomènes physiques simulés plutôt que scriptés, offrant constamment des spectacles sublimes. C’est pour nous l’un des jeux les plus importants de la décennie passée, tout simplement.

Benoît
Écrit par
Administrateur du site Etoile et champignon. Passionné par les jeux vidéo.

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